Qu’est-ce que le langage inclusif en entreprise ? Guide, exemples et bonnes pratiques
« Ce qui ne se nomme pas n’existe pas. »
Cette phrase résume à elle seule l’enjeu du langage inclusif au travail.
Le sujet suscite souvent des débats passionnés. On imagine des textes illisibles criblés de points.
L’écriture inclusive est en réalité une boîte à outils linguistique qui permet de s’adresser à l’ensemble de vos équipes et votre clientèle, sans exclure la moitié de l’audience par défaut.
La définition pour vos chartes :
Le langage inclusif (ou communication égalitaire) est un ensemble de règles graphiques et syntaxiques visant à assurer une représentation égale des genres et des identités dans le discours. En entreprise, il consiste à éviter le masculin générique ("Les directeurs") au profit de termes neutres ("La direction") ou de la double flexion ("Les directeurs et directrices") pour rendre les femmes et les minorités visibles.
Au-delà du "point médian" : Les 3 techniques à connaître
L’écriture inclusive ne se résume pas à mettre des points partout. C’est une progression en trois niveaux.
1. La neutralisation (ou formulation épicène)
C’est la méthode la plus neutre et la moins controversée. Elle consiste à utiliser des mots qui ne varient pas selon le genre ou des noms de fonctions.
- Au lieu de dire : « les droits de l’Homme », « les directeurs », « les collaborateurs », « tous ».
- Dites plutôt : « les droits humains », « la direction / le management », « les équipes », « tout le monde ».
- Avantage : Le texte reste fluide et personne ne se sent exclu.
2. La double flexion
Il s’agit de nommer explicitement les genres féminins et masculins. C’est utile à l’oral ou dans les titres.
- Exemples : « bonjour à toutes et à tous », « nos clients et clientes », « les collaborateurs et collaboratrices ».
- Avantage : visibilité maximale des femmes.
3. Le point médian (l'abréviation)
C’est la technique qui fait débat, mais elle est très efficace pour les documents courts (formulaires, offres d’emploi).
- Exemple : « Un·e chef·fe de projet senior ».
- Conseil : Utilisez-le avec parcimonie, surtout si votre audience n’est pas familière avec l’usage.
Pourquoi adopter le langage inclusif est stratégique ?
Ce n’est pas du militantisme, c’est du pragmatisme économique et social.
- Marque employeur et recrutement : Une offre d’emploi rédigée au masculin (« recherche ingénieur ambitieux ») attire moins de candidates féminines. En utilisant l’inclusif (« ingénieur·e » ou « personne en charge de l’ingénierie »), vous élargissez votre vivier de talents de 50%.
- Précision juridique et RSE : Dans vos accords d’entreprise, parler de « salarié » peut prêter à confusion. Parler du « personnel » est plus juste. Cela aligne votre communication externe avec vos engagements RSE internes.
- Modernité : Le langage évolue avec la société. Une entreprise qui communique « comme en 1950 » envoie un signal de rigidité et de conservatisme, ce qui repousse les générations Y et Z.
Le langage inclusif ne concerne pas que le genre
Être inclusif·ve, c’est aussi éviter les expressions validistes, racistes ou âgistes qui se sont glissées dans la langue courante.
- Handicap : Évitez « cloué dans un fauteuil roulant » (passif/victimaire), préférez « utilisateur de fauteuil roulant » (descriptif).
- Origine : Attention aux métaphores (« travailler au noir ») qui associent le sombre au négatif. Préférez « travail dissimulé ».
Comment mettre en place le langage inclusif sans braquer les équipes ?
- Ne forcez pas, proposez : Mettez à disposition un guide de bonnes pratiques plutôt que d’imposer des sanctions.
- Commencez par le « safe » : Adoptez d’abord la neutralisation (mots épicènes) dans les emails officiels. C’est invisible et efficace.
- Formez vos équipes : Le langage est un réflexe. Pour changer de réflexe, il faut s’entraîner.
- L’atout RecovR : Notre jeu permet de s’exercer à repérer ces formulations excluantes dans des dialogues réalistes, sans pression.
Les mots créent la culture
Le langage inclusif n’est pas une contrainte grammaticale, c’est une opportunité de montrer à chaque membre de votre organisation qu’il ou elle a sa place. C’est la première brique visible de votre culture d’entreprise.
Vous souhaitez moderniser votre communication mais vous avez peur des maladresses ?
Découvrez RecovR et formez vos équipes à une écriture bienveillante et percutante.