L’humour sexiste au travail : ça commence là

“C’est de l’humour, faut pas exagérer.”
Cette phrase, tu l’as déjà entendue ? Peut-être même prononcée.
Et pourtant… C’est souvent comme ça que ça commence.

Une “blague” sur les femmes et la conduite.
Une imitation “drôle” d’une collègue.
Une remarque “taquine” sur une tenue.

Rien de grave, paraît-il. Mais mis bout à bout, ça installe un climat. Un climat où certaines personnes se sentent moins légitimes, moins respectées, moins en sécurité. C’est exactement ce que décrivent les mécanismes de microagressions, ces petites violences invisibles du quotidien.

L’humour n’est jamais neutre. Il dit quelque chose de notre culture, de nos rapports de pouvoir, et de ce qu’on trouve “normal”. C’est ce qu’on appelle le sexisme ordinaire, celui qui passe sous le radar mais modifie subtilement les dynamiques internes.

Quand l’humour devient une norme

Certaines personnes veulent simplement détendre l’atmosphère. Elles ne pensent pas à mal.
Mais dans les faits, l’intention n’efface pas l’effet, surtout quand la blague s’appuie sur des stéréotypes ou des biais inconscients.

Et quand une équipe laisse passer ces remarques sans réagir, cela devient une norme culturelle, un marqueur du groupe, un message implicite envoyé à toutes et tous.
C’est pour ça que construire une culture inclusive ne se fait jamais tout seul

Ce que certaines personnes retiennent… ce n’est pas la blague

Une blague peut faire rire cinq personnes… mais en mettre deux mal à l’aise.
Et pour celles et ceux qui se sentent visé·es, le coût n’est pas le même.

Se taire.
Minimiser.
S’effacer.
Éviter certains espaces, certaines réunions, certaines personnes.

Ce que les recherches montrent, c’est que ces pratiques ont un effet direct sur la sécurité psychologique, le bien-être et la participation des équipes.

Ce que l’humour autorise ensuite

L’humour sexiste ne crée pas le sexisme.
Il le normalise.

Une fois que ces blagues deviennent acceptées, tout le reste glisse plus facilement :
les remarques sur les compétences, les décisions biaisées, les comportements discriminants…

Pour comprendre comment intervenir avant que ça dérape, vous pouvez former vos équipes dès l’arrivée.

Comment on fait alors ?

Changer la culture commence par de petites actions très simples.

Observer les réactions, pas seulement les rires.
Se demander si la blague fonctionnerait si la personne était dans la pièce.
Créer un espace pour dire : “Là, je ne suis pas à l’aise.”

Et pour celles et ceux qui encadrent des équipes, c’est un rôle clé.

Pourquoi on aborde tout ça dans RecovR ?

Parce que les blagues sont une porte d’entrée idéale pour comprendre les biais, les normes invisibles et la manière dont une culture se construit.
RecovR ne moralise pas : il ouvre des discussions. Il met en lumière ce qui, d’habitude, reste implicite.
Et surtout, il donne des clés simples et concrètes à toute l’équipe.

Ça commence là, mais ça peut changer là aussi

Dire “ce n’est qu’une blague”, c’est ignorer ce qui se joue en profondeur.
Dire “ça commence là”, c’est reconnaître notre pouvoir d’action.
Une culture d’équipe inclusive ne naît pas seule : elle se construit, un geste à la fois, une prise de conscience à la fois, une blague remise en question à la fois.

Et l’humour peut redevenir ce qu’il devrait toujours être :
un espace où tout le monde rit (vraiment).